Sur la foi d’une excellente auto production intitulée Little
Pad, nous avons rencontré (peu de temps avant leur interview
en direct sur les ondes de Campus Bordeaux) ce groupe bordelais prometteur,
à la pop originale et rafraîchissante parfois en anglais,
parfois en français, et finaliste du tremplin Ultrasons/Sud Ouest.
Rencontre avec le farfelu Docteur Bardou Jacqué (guitariste), le
mystérieux JFG (guitare, chant), Mathieu (batterie) et Damien (claviers)
pour une interview un peu baroque. JFG joue aussi avec les Miettes, " trio
glamour qui oscille entre chansonnette lo-fi de luxe, easy listening piégé
et pop africaine débridée " dixit les flyers! Rencontre.
On voudrait connaître l’histoire de Summer Factory...
Docteur Bardou Jacqué: Ca s’est passé
comme ça. Summer Factory est un groupe qui existe désormais
depuis…
JFG: 1994. Ca a commencé à Lille,
avec des musiciens, des gens illustres qui font partie de groupes illustres
d’ailleurs à Lille. Puis ça s’est transféré
petit à petit à Bordeaux avec le mystérieux JFG et
de nouveaux comparses et toujours sous le même nom.
Ce sont toujours les mêmes chansons?
DBJ: Non, ça n’a pas changé, c’est
toujours pareil (rires).
La nouvelle composition du groupe n’a pas modifié
la musique?
Mathieu: L’arrivée du farfelu Docteur Bardou
Jacqué a changé pas mal de choses. C’est un peu plus farfelu.
DBJ: On est passé par beaucoup d’autres
étapes car JFG a beaucoup voyagé quand même, il faut
le signaler, donc il a pu puiser comme Manu Chao (rires) des influences
diverses dans de nombreux pays -il a traversé l’Allemagne, l’Angleterre,
la Hollande-. Donc il s’est imprégné de ses influences. Ensuite
il est arrivé à Bordeaux où j’ai rencontré
ce jeune homme, grâce à moi il a rencontré sa future
femme et ensuite, on a commencé à jouer ensemble, on a créé
un groupe qui s’appelait Bardou’s fur coat, en reprenant quelques unes
de ses chansons, presque toutes d’ailleurs.
C’est à ce moment que vous jouiez en slip en
léopard?
DBJ: Oui, exactement. Des concerts illustres où
on jouait à trois, batterie, trompette avec effets et guitare.
JFG: Et des concerts aussi à deux, deux
guitares et minidisc.
DBJ: Après on a choisi de reprendre le
nom de Summer Factory, c’est une histoire de papiers (rires). C’est une
histoire de législation.
JFG: C’est pour capitaliser sur le passé
illustre du groupe dans son incarnation lilloise.
DBJ: Et on a vu que, à deux, c’était
pas mal mais on a commencé à vouloir jouer avec des personnes
qui sachent vraiment faire de la musique. Alors là, les recherches
ont été dures car les bons musiciens sont rares à
Bordeaux. De là, la rencontre de JFG…
Racontez-nous cette rencontre.
JFG: C’était un soir très éthylique
de fête de la musique. Il y avait des jeunes gens qui jouaient du
Jonathan Richman dans une rue sombre ; c’était Yves le bassiste
et un de ses comparses Ronan.
DBJ: Mais le plus drôle c’est, je crois,
l’histoire de Mathieu le batteur. Mathieu le batteur, qui à la base,
n’était pas du tout dans le groupe, un jour où notre batteur
était absent, l’a honteusement remplacé (rires). Et depuis,
on a vu qu’il excellait à la batterie, et on l’a pris. En fait,
il a honteusement (rires) remplacé notre batteur.
Vous venez de sortir la quatrième auto production.
Avec les précédentes, aviez-vous eu des retours?
JFG: Non, en fait, disons qu’on n’a fait que deux
cds, véritablement, dont un qui est sorti il y a au moins cinq ans,
qu’on préfère oublier. Il y a eu surtout des cassettes démo.
Et le choix de l’auto production? C’est pour des démarches
ou directement pour la vente?
JFG: Les deux, en fait.
Car l’auto production, c’est assez rare.
JFG: On essaie de vendre des disques pour récupérer
l’argent du studio, de la fabrication. Sinon, c’est pour démarcher
auprès des labels, des fanzines…
Et ça commence à marcher?
DBJ: On commence à avoir un succès
incroyable au sein de la fac à Bordeaux…
Mathieu: On a été contactés
par Eddie Barclay (rires)…
Il y a eu le tremplin Ultrasons organisé par
Sud Ouest à Cognac...
JFG: On a fait un concert pas mal…
Mathieu: Parce qu’on est tous très très
fans de Sud Ouest? C’est un très bon journal (rires). C’est le Docteur
Bardou Jaqué qui s’est occupé des démarches. Il s’est
dit " pouquoi pas moi ?".
DBJ: Je rêvais depuis toujours de jouer
sur une grande scène, c’était l’occasion de le faire. Non,
je plaisante, c’était le hasard. On s’est vraiment inscrits dans
ce truc par pur hasard et on a été sélectionnés,
tant mieux. Sinon, on en avait un peu rien à foutre à la
base.
Ca vous a ouvert des portes?
DBJ: Ben, on a bu du cognac, c’était cool.
Ca nous a permis de jouer sur une scène sympa avec du monde et d’avoir
quelques articles sur le journal, mais sinon voilà quoi, rien de
plus.
Mathieu: L’important, c’était de faire
un bon concert à Cognac (rires).
L’avenir? Les festivals en Bretagne cet été?
JFG: Un festival en Bretagne, le 15 juillet uniquement.
On doit normalement avoir d’autres dates mais c’est pas sûr.
Où exactement en Bretagne?
JFG: Vers Lannion, quelque part entre Rennes et
Nantes.
Et avec qui allez-vous jouer?
JFG: Non, pas du tout. Il devait y avoir des têtes
d’affiches prestigieuses mais elles ont été évincées.
Il y aura un groupe qui tourne beaucoup en Bretagne dont j’ai oublié
le nom.
Mathieu: Matmatah? (rires)
JFG: Tri Yann!
DBJ: La Tribu de Dana, je crois que c’est.
Les influences Modern Lovers, c’est depuis le début?
JFG: Disons que ce qui se faisait au début
n’avait rien à voir avec Jonathan Richman. Et moi, ça fait
quinze ans que j’aime Jonathan Richman. Il y a des périodes de hauts
et de bas. Mais je ne pense pas que ce soit hyper flagrant dans ce qu’on
fait maintenant.
Vous envisagez de faire une autre production avec la
nouvelle formation du groupe puisqu’elle n’apparaît pas sur Little
Pad?
JFG: On vient d’enregistrer des morceaux dans
notre cave avec un huit pistes, qu’on va peut-être même sortir
et vendre sous le manteau. Et sinon, on doit enregistrer à la Grosse
Rose début septembre.
Combien de morceaux? Une nouvelle auto production?
JFG: 4, 5. On se spécialise dans les eps.
En cd?
JFG: Oui, probablement.
Et pour la distribution, vous n’avez pas trouvé
de licence?
JFG: Non, pas encore.
Ca ne saurait tarder?
JFG: Ca ne saurait tarder.
Mathieu: On comptait sur tes relations à
Lille (rires)…
Interview Stéphane
Bordeaux III, 19.04.00